CO-BIDON-VID 19

« P"Pour rappel sur la métropole toulousaine, un habitant de bidonville sur quatre n'a aucun accès à l'eau sur son lieu de vie et plus de la moitié n'a pas non plus accès à des sanitaires. Ces lieux existent parfois depuis de nombreuses années, réfutant ainsi l'argument défendu que de telles installations pourraient pérenniser les sites. Tant que la résorption des bidonvilles n'a pas été réalisée, chaque habitant a le droit au respect aux respect de ses droits fondamentaux, de manière stable et durable conformément aux textes.

Malgré toutes les recommandations portées à la connaissance du juge, celles des textes internationaux, de l'Organisation mondiale de la santé et même celle du Haut Conseil de santé Publique du 30 mars 2020 insistant sur la nécessité d'installer immédiatement des points d'eau sur tous les bidonvilles, campements et squats en quantité suffisante, le juge a considéré qu'à Toulouse, comme le défendaient la préfecture et la mairie, la situation était sous contrôle.

« Si les associations requérantes contestent la réalité de l'organisation d'un accès à l'eau potable […], il ne résulte pas des pièces qu'elles produisent que l'un ou l'autre des campements ne bénéficierait pas […] de la fourniture d'eau potable, Fût-ce sous la forme d'un accès à une borne incendie partiellement éloignée d'un campement ou de la livraison périodique de bonbonnes d'eau » Le juge du TA de Toulouse considère que marcher 600 m pour aller chercher de l'eau ou recevoir une bonbonne d'eau périodiquement n'est pas de nature « à révéler une carence caractérisant une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.""

Ceci est un extrait d'un communiqué de presse de plusieurs organisations Socio-humanitaires œuvrant auprès des plus précaires dans la métropole toulousaine.

Impossibilité de retour aux pays pour certaines et certaines, impossibilité ou difficulté d'accès aux sanitaires, à l'eau potable ou à la nourriture pour beaucoup, difficulté d'accès au 115 et à un logement d’urgence permettant une mise à l'abri et un confinement digne et sécurisant, tel a été le quotidien de centaines voir de milliers de personnes de la métropole toulousaine durant cette période de confinement liée à la propagation du COVID 19.

Dépendantes des associations et organisations humanitaires et sociales pour l'accès aux besoins primaires et à la détection d'éventuels cas COVID 19, ces personnes, seules, en groupe ou en familles, ont dû, avec résilience, traverser cette période avec le peu de moyens accessibles leur permettant de se protéger individuellement et d'éviter une contagion collective.

Au 31 mars 2020, Médecins du monde dénombrait 600 personnes dont 40% d'enfants vivant dans les treize bidonvilles recensés dans la métropole, auxquels s'ajoutent les personnes vivant en squats et sur les trottoirs de la ville rose.

L'ensemble des photos ont été prises entre le 20 mars et le 28 avril 2020, lors des maraudes quotidiennes inter-associatives mises en place pour répondre au mieux aux besoins des personnes les plus précaires durant la crise sanitaire, cela en lien avec les équipes d'Utopia 56 Toulouse et de Médecins du Monde Midi Pyrénées.